UFC-QUE CHOISIR DE THIONVILLE

Mobilité bancaire : Les entraves des banques à la concurrence

Publié le 20 septembre 2017 par Corentin COPPENS

Alors que les consommateurs font face aux premières défaillances du service d’aide à la mobilité bancaire de la Loi Macron, l’UFC-Que Choisir lève le voile sur les nouvelles entraves mises par les banques à la concurrence. L’association dénonce aujourd’hui l’inflation galopante des frais de transfert des produits d’épargne ainsi que le risque de généralisation des clauses de domiciliation des revenus au sein des contrats de crédit immobilier à partir de 2018. L’UFC-Que Choisir demande aux pouvoirs publics d’aller au bout du combat pour la mobilité bancaire de l’ensemble des consommateurs, en mettant fin à ces pratiques délétères.

Mobilité bancaire : des démarches toujours longues et complexes pour 40 % des consommateurs

Une enquête réalisée par l’UFC-Que Choisir auprès de près de 4900 consommateurs confirme une nouvelle fois leur volonté de mobilité, 24 % des personnes interrogées déclarant vouloir changer de banque au cours des 12 prochains mois. Une attente légitime, contrecarrée par des démarches qui demeurent trop longues et compliquées pour 40 % des consommateurs, 7 mois après l’entrée en vigueur du mandat de mobilité bancaire, le 6 février 2017.
Cette complexité est corroborée par l’examen des premiers litiges traités par nos associations locales pour le compte des consommateurs qui ont utilisé le nouveau dispositif créé par la Loi Macron. Il en ressort que les principales difficultés sont liées à des refus de mandats de mobilité, des erreurs lors du transfert des domiciliations ainsi que des délais régulièrement non respectés. Ces mauvaises pratiques sont à l’origine de la facturation de juteuses commissions d’interventions sur le compte de départ ainsi que, pour certains consommateurs, de procédures de mobilité toujours non achevées plusieurs mois après la signature du mandat !

Frais de transfert des produits d’épargne : jusqu’à 18 % d’inflation depuis 2012 !

Si la Loi Macron impose la gratuité du transfert automatisé des domiciliations des virements et prélèvements, notre étude des brochures tarifaires de 71 établissements1 montre que les banques se sont rattrapées sur les tarifs de transfert des produits d’épargne, non plafonnés. Alors que 32 % des consommateurs détiennent un produit d’épargne-logement (CEL/PEL) et que 4,5 millions de PEA sont ouverts, les frais liés à leur transfert ont connu des progressions record depuis 2012. Ils atteignent respectivement 91 € (+ 18 % en 5 ans) et 87 € (+ 13 %), en moyenne, en 2017.
Au regard des écarts considérables des tarifs pratiqués (de 43 € à La Banque Postale à 150 € à la Banque Populaire du Nord pour un PEL et de 17,90 € chez ING Direct à 135 € au Crédit Agricole Atlantique Vendée pour un PEA), la logique de certains établissements bancaires est claire : rendre la mobilité bancaire moins attractive pour les consommateurs. Ainsi, un client qui dispose d’un PEL et d’un PEA doit s’acquitter de 178 €, en moyenne, pour quitter son établissement initial et jusqu’à 270 € au Crédit Agricole Atlantique Vendée. Dans le cas d’une mobilité d’une banque de réseau à une banque en ligne, qui génère une économie moyenne de 62 € par an sur le compte courant d’après notre enquête, l’opération ne sera ainsi rentable, en moyenne, qu’au bout de 2 ans et 10 mois !

 Crédit immobilier : les emprunteurs pieds et poings liés à leur banque au 1er janvier 2018 ?

L’ordonnance du 1er juin 2017 visant à encadrer les clauses de domiciliation des revenus lors de la souscription d’un contrat de crédit immobilier, sous couvert de clarifier cette pratique, pourrait en réalité aboutir à la généraliser. En effet, si les banques exigent aujourd’hui l’ouverture d’un compte bancaire lors de la souscription d’un crédit immobilier, les clauses contractuelles de domiciliation sont rares ou régulièrement considérées par les tribunaux comme étant abusives. Ainsi la plupart des consommateurs peuvent, au cours du remboursement de leur prêt, changer d’établissement principal sans pénalité.
Cette situation favorable à la concurrence pourrait être bouleversée à partir du 1er janvier 2018. En effet, pour tous les nouveaux contrats de crédit, l’établissement prêteur pourra désormais imposer la domiciliation des revenus pour une durée pouvant aller jusqu’à 10 ans, en contrepartie d’un illusoire taux préférentiel. En réalité, compte tenu de la concurrence existante qui amène déjà les taux à des niveaux planchers, les intérêts ne baisseront pas en cas de domiciliation mais augmenteront si les consommateurs la refusent. Les économies potentielles que permettrait un changement de banque seraient alors largement inférieures au renchérissement du coût du crédit. En outre, l’établissement bancaire ne s’engage aucunement sur le montant des frais relatifs à la gestion du compte durant l’obligation de domiciliation. Enfin, la durée maximale, fixée à 10 ans, couvre une période très longue, supérieure à la durée effective d’un crédit immobilier (7,1 ans d’après l’ACPR2).

Alors que plus d’un tiers des ménages ne peuvent de facto pas tirer bénéfice de la mobilité bancaire, en raison des coûts qu’elle entraînerait pour eux, l’UFC-Que Choisir, soucieuse de garantir aux consommateurs une information pertinente et une réelle concurrence sur le secteur bancaire :

UFC QUE CHOISIR met à la disposition de tous un kit de décryptage actualisé du dispositif de mobilité bancaire, composé d’une infographie, d’un vrai/faux ainsi que des modèles de lettres types  et demande aux pouvoirs publics :

  • La gratuité du transfert des comptes d’épargne réglementés (CEL, PEL) et le plafonnement des frais de transferts des PEA ;
  • L’interdiction de l’obligation de domiciliation des revenus dans le cadre du crédit immobilier ;
  • D’avancer sans délai vers un système de portabilité du compte bancaire, et dans l’attente de mettre en œuvre la redirection automatique de toutes les opérations passant sur l’ancien compte.
30 septembre 2017

Facebook (Sécurisez votre profil)

Article publié sur le site www.quechoisir.org

Né en 2004 dans une chambre d’étudiant de l’université Harvard (Massachusetts), Facebook rassemble aujourd’hui 2 milliards d’utilisateurs autour de la planète, dont 33 millions en France. Ce gigantesque réseau social est gratuit pour les utilisateurs. L’entreprise, cotée en Bourse, tire quasi exclusivement ses revenus de la vente de publicité en ligne. Elle est donc très intéressée par vos données personnelles, qui permettent d’affiner les profils publicitaires et donc d’attirer les annonceurs. Sans une bonne configuration de votre compte, vous risquez de dévoiler beaucoup d’informations personnelles à la vue de tous, amis ou pas. Nos conseils, en vidéo, pour ne pas trop en dire sur votre vie privée.

 

Les conseils de UFC Que choisir par Camille Gruhier

Facebook : sécuriser votre profil (2017)

25 septembre 2017

Gestes de premier secours

Gestes de premier secours

Les 6 gestes de base par la Croix-rouge française

http://www.croix-rouge.fr/Je-me-forme/Particuliers/Les-6-gestes-de-base

21 septembre 2017

Vélo : casque obligatoire pour les enfants

 

Désormais obligatoire

135 € d’amende si votre enfant

n’a pas de casque.

Depuis le 22 mars 2017, les enfants de moins de 12 ans doivent porter un casque de vélo, qu’ils soient au guidon ou passagers. Personne n’a encore vu un policier courir derrière un gamin sans casque mais l’infraction est passible, pour l’adulte accompagnant, d’une amende de 135 euros. Selon la Sécurité routière, l’obligation devrait faire baisser le nombre de blessures à la tête et au visage Il est vrai que «le casque protège, mais à faible vitesse et quand on chute seul en perdant l’équilibre »  note Benoit Hiron à la tête du groupe Sécurité des usagers et déplacement au Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité el l’aménagement (Cerema). Pour les enfants comme pour les adultes, lors d’une collision entre un vélo et un véhicule motorisé, le casque ne suffira pas à empêcher les blessures graves. De fait, Olivier Schneider, président de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), prévient: «Attention à l’illusion de se sentir en totale sécurité grâce au casque. ›› L’avertissement est entendu et notre test confirme sa pertinence.

Source : Anne-Sophie Stamane, Gabrielle Théry (QUE CHOISIR n° 561 Septembre 2017)

Pour plus d’information et le test des casques de vélo pour enfant voir l’article complet dans QUE CHOISIR n° 561 Septembre 2017

2 septembre 2017

BIO : santé et nutrition

Manger bio est sans doute plus sain

Si les attentes vis-à-vis des produits bio se diversifient, préserver sa santé et bien se nourrir demeurent les principales motivations des consommateurs. À juste titre?

Coté nutrition, l’intérêt du bio n’est pas flagrant. Les principales méta-analyses de ces dernières années s’accordent à retrouver un taux légèrement plus élevé d’antioxydants dans les fruits, légumes et céréales bio, de même qu’un taux plus important de «bons›› acides gras dans les produits laitiers et les œufs bio. Mais concernant les vitamines et minéraux, il semble qu’il n’y ait pas de différence. Nos analyses le confirment. «Des résultats peu surprenants››, selon Stéphane Bellon, chercheur à l’INRA (Institut national de la recherche agronomique), qui rappelle que le cahier des charges bio n’implique stricto sensu « que ›› la suppression des engrais chimiques. Soit un facteur parmi bien d’autres qui influencent la richesse nutritionnelle des végétaux. «Le climat, la météo, le moment de la récolte, la rotation des cultures, ou encore la taille et la densité des parcelles sont autant des critères qui vont jouer sur la teneur en nutriments des végétaux››, précise le chercheur.

Lien démontré entre les pesticides et certaines maladies

 

Le non-usage de la chimie

fait la différence.

En revanche, l’intérêt pour la santé d’une alimentation bio est plus tangible. Certes, peu d’études à ce jour ont évalué l’effet direct de la consommation de nourriture bio sur la santé humaine. Et hormis quelques indications montrant une baisse des risques d’allergies chez les enfants, les résultats ne sont pas concluants. « Il est difficile d’établir un lien direct entre ce régime et la santé de la population générale, ne serait-ce que compte tenu des biais sociologiques. Car le bio touche en premier lieu une population qui a davantage les moyens de se préoccuper de sa santé Mais il y a du bon sens à penser que manger bio est plus sain pour la raison évidente que ce régime fait baisser l’exposition aux engrais chimiques. Or le lien entre surexposition aux pesticides et maladie est, lui, démontré» rappelle le professeur Robert Barouki, de l’lNSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Ces trente dernières années, les scientifiques ont établi un lien entre exposition aux pesticides et maladie de Parkinson, cancer de la prostate, ou encore certains cancers hématologiques chez les agriculteurs, mais aussi leurs enfants et les populations rurales qui ne sont pas exposées professionnellement. Quant à la population générale, «depuis quelques années, les preuves s’accumulent concernant le risque de cancer de la prostate et, surtout, le développement neuro-comportemental lie à des expositions lors de périodes sensibles du développement, in utero et pendant l’enfance››, conclut le Pr Barouki. L’intérêt sanitaire du bio est moins évident du côté de la production animale. Toutefois, un rapport de 2017 du service de recherche du Parlement européen note un avantage indirect à l’usage limité des antibiotiques en agriculture biologique: une réduction du risque global de résistance à ces traitements.

Source : Article QUE CHOISIR n° 561 Septembre 2017

1 septembre 2017