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Conseils Santé - Alimentation

BIO : santé et nutrition

Manger bio est sans doute plus sain

Si les attentes vis-à-vis des produits bio se diversifient, préserver sa santé et bien se nourrir demeurent les principales motivations des consommateurs. À juste titre?

Coté nutrition, l’intérêt du bio n’est pas flagrant. Les principales méta-analyses de ces dernières années s’accordent à retrouver un taux légèrement plus élevé d’antioxydants dans les fruits, légumes et céréales bio, de même qu’un taux plus important de «bons›› acides gras dans les produits laitiers et les œufs bio. Mais concernant les vitamines et minéraux, il semble qu’il n’y ait pas de différence. Nos analyses le confirment. «Des résultats peu surprenants››, selon Stéphane Bellon, chercheur à l’INRA (Institut national de la recherche agronomique), qui rappelle que le cahier des charges bio n’implique stricto sensu « que ›› la suppression des engrais chimiques. Soit un facteur parmi bien d’autres qui influencent la richesse nutritionnelle des végétaux. «Le climat, la météo, le moment de la récolte, la rotation des cultures, ou encore la taille et la densité des parcelles sont autant des critères qui vont jouer sur la teneur en nutriments des végétaux››, précise le chercheur.

Lien démontré entre les pesticides et certaines maladies

 

Le non-usage de la chimie

fait la différence.

En revanche, l’intérêt pour la santé d’une alimentation bio est plus tangible. Certes, peu d’études à ce jour ont évalué l’effet direct de la consommation de nourriture bio sur la santé humaine. Et hormis quelques indications montrant une baisse des risques d’allergies chez les enfants, les résultats ne sont pas concluants. « Il est difficile d’établir un lien direct entre ce régime et la santé de la population générale, ne serait-ce que compte tenu des biais sociologiques. Car le bio touche en premier lieu une population qui a davantage les moyens de se préoccuper de sa santé Mais il y a du bon sens à penser que manger bio est plus sain pour la raison évidente que ce régime fait baisser l’exposition aux engrais chimiques. Or le lien entre surexposition aux pesticides et maladie est, lui, démontré» rappelle le professeur Robert Barouki, de l’lNSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Ces trente dernières années, les scientifiques ont établi un lien entre exposition aux pesticides et maladie de Parkinson, cancer de la prostate, ou encore certains cancers hématologiques chez les agriculteurs, mais aussi leurs enfants et les populations rurales qui ne sont pas exposées professionnellement. Quant à la population générale, «depuis quelques années, les preuves s’accumulent concernant le risque de cancer de la prostate et, surtout, le développement neuro-comportemental lie à des expositions lors de périodes sensibles du développement, in utero et pendant l’enfance››, conclut le Pr Barouki. L’intérêt sanitaire du bio est moins évident du côté de la production animale. Toutefois, un rapport de 2017 du service de recherche du Parlement européen note un avantage indirect à l’usage limité des antibiotiques en agriculture biologique: une réduction du risque global de résistance à ces traitements.

Source : Article QUE CHOISIR n° 561 Septembre 2017

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